8 situations cliniques, 8 conduites à tenir. Basé sur les protocoles d'Isabelle Fromantin (Institut Curie) et les référentiels AFSOS. De l'observation à la décision, en moins de 60 secondes.
Sélectionnez la situation qui correspond à votre observation clinique. Chaque fiche donne l'action immédiate, le pansement recommandé et les critères d'alerte.
Tissu noir, dur ou mou, sec ou humide. Peut être adhérent au lit de la plaie ou se détacher partiellement.
Nécrose de coagulation (sèche) ou nécrose de liquéfaction (humide, molle, malodorante). La nécrose empêche l'évaluation du lit de la plaie sous-jacent et favorise la prolifération bactérienne.
NE PAS désterger mécaniquement sans prescription médicale.
Enduit jaunâtre adhérent au lit de la plaie, de consistance variable (mince film à couche épaisse).
La fibrine ralentit la cicatrisation. Peut masquer une infection sous-jacente. Distinguer fibrine (non infectée) de pus (infection).
Tissu rouge vif, granuleux, saigne facilement au contact. Surface irrégulière, parfois en relief par rapport aux berges.
Hyperbourgeonnement fréquent en oncologie. Tissu fragile et hypervascularisé. Saignement au moindre contact. Le bourgeon peut dépasser le niveau cutané.
Odeur nauséabonde, score ≥ 2 sur l'échelle d'odeur (perceptible à proximité ou à distance). Impact majeur sur la qualité de vie du patient et des soignants.
L'odeur des plaies tumorales est principalement causée par des bactéries anaérobies (Bacteroides, Clostridium) qui colonisent le tissu nécrosé. Fromantin a identifié 91 COV (Composés Organiques Volatils) sur ces plaies.
Saignement lors du retrait du pansement, à la manipulation, ou saignement spontané sans geste déclencheur.
Les plaies tumorales sont souvent hypervascularisées par la néoangiogenèse tumorale. Le risque hémorragique est réel et peut être massif.
Pansement saturé avant le prochain changement prévu, fuites, peau péri-lésionnelle rouge, blanchâtre ou macérée.
L'exsudat abondant est fréquent dans les plaies tumorales (inflammation chronique, lymphorrhée). La macération de la peau saine autour de la plaie crée des lésions supplémentaires et élargit la zone de soins.
EVA > 5 lors du changement de pansement. Patient anxieux, crispation, refus ou détresse avant même le début du soin.
La douleur des plaies tumorales est mixte : nociceptive (tissu) + neuropathique (envahissement nerveux). La peur du soin amplifie la douleur (composante anxieuse). L'anticipation de la douleur peut être aussi invalidante que la douleur elle-même.
Érythème, desquamation sèche ou humide, ulcération en regard du champ d'irradiation. Lésion localisée dans la zone de traitement.
Les 8 situations cliniques en un coup d'oeil. À imprimer et afficher dans la salle de soins.
| Signe clinique | 1re intention pansement | Action clé | Urgence |
|---|---|---|---|
| Nécrose noire | Hydrogel / Sec | Ne pas désterger sans prescription | Médecin si extension |
| Fibrine jaune | Hydrocolloïde / Hydrocellulaire | Détersion douce | Si signes infectieux |
| Bourgeonnement | Interface lipidocolloïde | Humidifier avant retrait | Si saignement persistant |
| Odeur ≥ 2 | Charbon actif ± argent | Évaluer Flagyl local | Si persistant malgré traitement |
| Saignement | Alginate de calcium | Comprimer 10 min | 15 si non contrôlable |
| Exsudat ++ | Superabsorbant | Protéger les berges | Si purulent |
| Douleur > 5 | Interface non adhérente | Prémédication analgésique | Si augmentation brutale |
| Radiodermite | Selon grade (crème → Mepitel) | Hydrater, pas d'occlusif pendant RT | Grade 3-4 |
SOS Cicatrisation est un outil d'aide à la décision clinique, pas un dispositif médical.
Il ne remplace en aucun cas l'évaluation d'un médecin, d'un chirurgien ou d'un infirmier spécialisé.
Les recommandations sont issues de la littérature scientifique et des protocoles de l'Institut Curie
mais doivent être adaptées à chaque situation clinique individuelle.
En cas d'urgence vitale (hémorragie massive, détresse respiratoire), appelez le 15.